En 2025, la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est au cœur des préoccupations économiques et légales. Le devoir de vigilance, concept visant à assurer que les entreprises identifient et préviennent les atteintes aux droits humains et à l’environnement dans leurs chaînes d’approvisionnement, est devenu central. Cet article explore l’évolution de ce devoir, son impact sur les entreprises et les mesures à adopter pour s’y conformer.
Sommaire
1. Origines du devoir de vigilance
2. La directive européenne de 2024
3. Conséquences pour les entreprises
4. Mesures à adopter pour se conformer
5. Cas notable : La Poste
6. Perspectives futures
1. Origines du devoir de vigilance
Le concept de devoir de vigilance a émergé suite à des catastrophes industrielles mettant en lumière les failles des chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh en 2013. En réponse, la France a été pionnière en adoptant, en 2017, une loi imposant aux grandes entreprises de prévenir les violations des droits humains et les dommages environnementaux liés à leurs activités.
2. La directive européenne de 2024
Le 15 mars 2024, l’Union européenne a adopté une directive renforçant le devoir de vigilance. Cette législation oblige les entreprises de l’UE, ainsi que les sociétés étrangères opérant sur le territoire européen avec un chiffre d’affaires supérieur à 450 millions d’euros, à élaborer des plans de transition conformes à l’Accord de Paris. Elles sont désormais tenues responsables des atteintes aux droits humains et des dommages environnementaux, avec des sanctions pouvant atteindre 5 % de leur chiffre d’affaires mondial en cas de non-respect.
3. Conséquences pour les entreprises
Cette directive impose aux entreprises une vigilance accrue sur l’ensemble de leur chaîne de valeur. Elles doivent identifier, prévenir et atténuer les risques liés aux droits humains et à l’environnement. Les entreprises qui négligent ces obligations s’exposent à des sanctions financières significatives et à une détérioration de leur réputation.
4. Mesures à adopter pour se conformer
Pour répondre à ces exigences, les entreprises doivent :
- Cartographier leur chaîne d’approvisionnement : identifier les partenaires et évaluer les risques associés.
- Établir des procédures d’évaluation et de suivi : mettre en place des mécanismes pour surveiller et auditer les pratiques des fournisseurs.
- Former et sensibiliser : éduquer les employés et partenaires sur les enjeux du devoir de vigilance.
- Mettre en œuvre des plans d’action correctifs : adopter des mesures pour remédier aux violations identifiées.
5. Cas notable : La Poste
En décembre 2023, La Poste est devenue la première entreprise française condamnée pour manquement à son devoir de vigilance. Le tribunal judiciaire de Paris a reconnu que l’entreprise n’avait pas pris les mesures nécessaires pour prévenir l’emploi de travailleurs sans papiers par ses sous-traitants. Cette décision souligne l’importance pour les entreprises de surveiller non seulement leurs activités directes, mais aussi celles de leurs partenaires.
6. Perspectives futures
Avec l’entrée en vigueur de la directive européenne, le devoir de vigilance s’impose comme une norme incontournable.Les entreprises doivent intégrer ces obligations dans leur stratégie globale pour assurer leur conformité et renforcer leur responsabilité sociétale. Cette évolution législative reflète une tendance mondiale vers une plus grande transparence et une éthique des affaires renforcée.
En conclusion, le devoir de vigilance représente un défi majeur pour les entreprises en 2025. Cependant, en adoptant une approche proactive et en intégrant ces exigences dans leur gouvernance, elles peuvent transformer cette contrainte en opportunité, renforçant ainsi leur compétitivité et leur image auprès des parties prenantes.